Cela fait déjà deux mois que nous avons touché terre, et je n’ai pas vu le temps passer. C’est plutôt bon signe, non ? Il faut dire que nous avons eu juste une petite semaine avant de reprendre le travail, donc il a fallu se remettre dans le bain assez vite. Au début, on apprécie de retrouver un peu de confort : un grand lit, des douches à volonté, une chasse d’eau automatique (plus besoin de pomper !), une machine à laver à demeure… Et puis assez vite, on se rend compte que pas grand-chose nous a manqué de cette vie de citadin. Nous avons pris l’habitude de vivre avec peu. D’ailleurs, nous n’avons même pas fini de vider nos cartons ! Je redécouvre avec plaisir certains livres ou babioles oubliées, mais je m’aperçois aussi que nous avons accumulé beaucoup de choses inutiles. C’est le moment de faire le vide ! Plusieurs personnes m’ont demandé si ce n’était pas trop difficile de retrouver la civilisation… En fait, nous n’avons pas été coupés à ce point du monde : les Antilles sont très fréquentées, et nous avons plutôt eu du mal à trouver des îles quasi-désertes pour jouer aux Robinson Crusoé ! Ce qui est difficile, c’est de réaliser que c’est fini la liberté, qu’il faut se lever tous les matins pour aller travailler, qu’il faut surveiller l’heure… J’oublie mes mots de passe et je me mélange encore les pinceaux entre mes clés, ma carte de bus, mon pass entreprise et ma carte de cantine ! Au début de notre voyage, il y a un an, nous avons dû nous adapter à la vie en mer ; au retour, c’est le même processus, inversé : il faut se réadapter à la vie sur terre. Et encore, pour nous la transition s’est faite relativement en douceur car en été le rythme est plus cool, et en plus les filles sont restées avec leurs grands-parents durant toutes les vacances. Ce qui me manque le plus : prendre mon thé le nez au vent face à la mer, et les couchers de soleil. J’ai encore du mal à regarder les photos de notre voyage, c’est trop difficile de replonger dans cette réalité qui n’est plus. Envolé, l’air iodé ! Il y a des jours où je me sens comme une sardine en boîte… Bref, ce n’est pas tous les jours simple de reconstruire une vie sédentaire après un long voyage ! Mais nous comptons bien conserver le plus longtemps possible notre belle énergie du voyage et ne pas nous laisser piéger par la routine. En voiture, alors que nous étions en route pour la Bretagne, Maëlle nous a demandé combien il restait de milles avant d’arriver chez son papy et sa mamie. Elle n’a pas compris pourquoi nous avons tous éclaté de rire !

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